L'étang de la Folie

Le premier texte connu mentionnant la Folie date de 1965 à l'occasion d'un défrichement concédé sur  Moustier par l'abbaye de Lobbes et autorisé par Louis III de Blois. Cette terre était « tenant d'un coté au vivier de Voiaux à la chevauchoir allant du dit Voyaux au vivier de la folie. »

La terre de Trélon – dont l'étang de la Folie – appartient depuis 1577 à la famille de Mérode. En effet, elle  revient à Louis de Mérode, marié avec Louise de Blois en 1562, à la mort de son beau-frère.

L'étang de la Folie se situe sur les communes de Wallers-Trélon (appelée alors Wallers en Fagne) et de Trélon ; le plan d'eau et les roselières couvrent une superficie d'environ 38 ha. Cette surface fluctue selon le niveau de l'étang et la prise en compte des zones de bordures.

A l'origine, une force hydraulique

Nous sommes au début du XVIIème dans la Fagne de Trélon ; la forêt est prospère ; la terre recèle des gisements de fer mais l'exploitation de ces mines de fer demande beaucoup d'eau. Or les terres de Trélon sont irriguées par un seul cours d'eau, le ruisseau de la Fontaine de Trélon.

Le baron de Mérode, Hermann-Philippe, premier marquis de Trélon décède en 1627 en laissant pour héritier Albert de Mérode. Son épouse, Albertine de Ligne et Dame de Trélon va donc assurer la gestion des biens de son fils. En 1631, elle entreprend le développement de forges et fourneaux au Hayon et à Laudrissart. Pour ce faire, elle présente une requête au Grand Bailli du Hainaut afin d'exploiter ces mines de la terre de Trélon.

Les ressources forestières sont suffisantes pour alimenter un fourneau et deux forges mais l'énergie hydraulique repose sur le seul ruisseau de la Fontaine de Trélon. La Marquise, pour assurer une réserve d'eau suffisante acquiert alors «  Pour le marquis son fils un jour* de pré joignant au vivier de la Folie et destiné à y être incorporé ».

Dès lors la forêt retentit du bruit des cognées et charrois pour agrandir le dit vivier ; le déversoir est ensuite construit, la digue est érigée ou surélevée et les prairies noyées ; l'une des pierres de la digue porte la date de 1634, ce qui laisse supposer l'achèvement des travaux à ce moment là. L'eau ainsi collectée doit être acheminée vers le Hayon ; les sources pérennes du Rond Bois alimentent l'étang via la Petite Folie. (Signalons que cette pérennité est remise en question aujourd'hui.)

Cette démarche est essentielle pour l'économie car si les forges et les fourneaux ne peuvent pas tourner, le minerai partira ailleurs.

Il faudra ensuite trouver le moyen d'acheminer cette eau vers Trélon.

Le Voyon, ruisseau qui traverse l'étang, se jette dans l'Helpe Majeur de façon naturelle ; une partie des eaux sera artificiellement renvoyée vers le bassin de l'Helpe Mineur par le canal qui conduira l'eau à la ferme du Moulin et au Hayon puis vers Rainsars et Etroeungt.

Notons que c'est aussi en 1634 que sont définis les usages forestiers pour le pacage et le ramassage du bois mort, seule source d'énergie domestique.*

L’aqueduc

En 1749, l’été très chaud impose un ralentissement de la production à la forge du Hayon ;  il est temps que le réservoir de la Folie vienne jouer un rôle de renfort pou le ruisseau de Trélon.

La construction du canal ou l’aqueduc, en partie souterrain (400 mètres environ) est repérable sur la carte d’Etat Major ci-contre. Les archives ne permettent pas de connaître le nom de son ingénieux constructeur ni la période des travaux. Mais à partir de 785, l’eau de La Folie est dirigée vers la carrière du Château Gaillard qui vient d’être réouvertes, les moulins et les forges installés à Trélon (petit et grand moulin). Ce canal rejoignait la ferme du moulin du meunier, située au début du canal et toujours visible de nos jours, permettait de réguler le débit de l’aqueduc en fonction des besoins.

Cet aqueduc est creusé dans les schistes de Matagne et régulièrement ouvert par des sortes de « cheminées » maçonné en en pierre et brique qui permettaient de suivre et surveiller le flux souterrain ; ces ouvertures se nomment «  bouveau » ou « bouviau » ; l’étymologie du terme ne donne pas d’explication éclairante sur le choix de cette dénomination. Cet aqueduc a été entretenu régulièrement et l’on retrouve encore dans les comptes du château de l’année 1909 des frais pour « réparation d’aqueduc du grand bouveau ».

Un rôle nourricier

La chasse

En 1901, Félix de Mérode, grand chasseur, fait construire sur la rive du Nord de l’étang un pavillon de chasse. La chasse est alors très prisée et organisée.

Un garde-chasse assure la surveillance du gibier sur les terres et veille à l’organisation de chasses fructueuses pour le plaisir des invités.

Le gibier est riche : bécasses, faisans, lapin et lièvres mais aussi gibier d’eau, très dense sur ce plan d’eau’ escale des migrations. Une dizaine de huttes à canard existaient encore au début du siècle ; on en comptait encore trois dans les années 50 dont une en roseaux ; actuellement une seule subsiste.

Chevreuils et sangliers constituaient le gros gibier ; ces derniers étaient encore réellement sauvages et relativement rares, ignorant les agrainages et le mais.

De nombreuses cartes postales témoignent de cette activité, liée dans la mémoire collective à l’évocation du site.

Aujourd’hui une ou deux battues au gros gibier traverse le site.

La chasse au gibier d’eau est interdite depuis deux décennies et le site est redevenu une réserve ornithologique gérée par la fédération des chasseurs du Nord.

La pêche

L’étang a aussi eu un rôle nourricier plus régulier et non négligeable au travers de la pêche : poisson blanc, du gardon au brochet.

On raconte même que pendant la révolution, le Général Duhenne vida l’étang pour nourrir ses troupes affamées, ce qui donna lieu a une plainte d’un pisciculteur belge privé de son gagne-pain.

Après la Révolution, le fruit de la pêche était régulièrement réservé par Charles Guillaume de Mérode, alors maire de Bruxelles, pour un hôtel particulier ; le poisson de la Folie et du Hayon était stocké dans des viviers près du château et envoyé une fois par semaine à Bruxelles.

Au fil du temps plusieurs pisciculteurs auront des « contrats ». Les archives des comptes de la Terre de Trélon nous apprennent ainsi qu’en 1909, un dénommé Meunier Arthur était locataire par bail «  de la pêche et de la chasse au gibier d’eau sur l’étang de la folie ainsi que de la récolte des joncs » pour 1000frs de fermage annuel.

Le dénommé Arthur proposait des barques pour une partie de pêche payante. Les gardes suivant ont perpétué cet usage.

Au alentour de 1914 du poisson était vendu à la Folie deux fois par semaine : le poisson était pêché puis conservé dans des grands bacs en bois immergés dans l’étang ; on peut voir ces bacs sur certaines cartes postales de l’époque. Il existait aussi des bacs de stockage en bois installés sous la digue, de l’autre côté du chemin, utilisés pou trier le poison destiné aux pisciculteurs. Vers 1960, des bacs en ciment les ont remplacés.

Plus tard, Mr Dufosset Léonce disposait devant l’hôtel d’un abreuvoir où il mettait sa pêche du jour (nasse et traîne) pour que le chef cuisinier fasse choisir le client tandis que l’aquarium installé dans l’entrée de l’hôtel présentait les truites venues d’ailleurs !

Actuellement l’étang est vidé une fois par an et le poisson est alors récupéré surtout pour l’alevinage.

La Folie, un lieu de promenade

L’étang et son site étaient au début du XXème un itinéraire de promenade ou un but de sortie pour les familles Trélonnaises ou Wallersoises surtout à la belle saison.

Les souvenirs et les témoignages sont nombreux sur ce point.

Le Comte Félix et la Comtesse laissaient l’accès libre pour la baignade, les barques, la balade ou le pique-nique ; eux-mêmes se rendaient fréquemment sur le site en calèche en empruntant le chemin de crasse.

L’invasion commerciale

Les 18 ème et 19 ème siècles n’apportèrent pas de transformation majeur au site de la Folie qui continuât à jouer un rôle de fournisseur d’énergie et être fréquenté par les chasseurs, pêcheur ou en encore les exploitant de joncs.

Le 20ème lui donna pendant une vingtaine d’année une dimension touristique et le fit connaître à un nouveau public en quête de premiers loisirs. C’est ainsi que pendant une dizaine d’année  -de 1928 à 1940-  la Folie devînt un but de promenade très à la mode et très couru. On y accédait à partir de Trélon par un chemin mi-goudronné, mi-caillouteux en pleine forêt. Le visiteur, déjà charmé par la futaie, découvrait dans une trouée de lumière, le plan d’eau, à gauche de l’hôtel et sa terrasse bordée d’une rambarde, à droite les tonnelles et le pavillon de chasse. Au loin, la digue de pierre avec ses promeneurs endimanchés puis encore plus loin, les cabines de bains, à l’avant des roselières…

Pour qui connaît le site aujourd’hui, les images et la vie balnéaire des années 1930 ont un côté surréaliste.

La station balnéaire

La publicité complète de quoi faire rêver les citadins et n’aurait rien à envier aux stations balnéaires d’aujourd’hui : « Fagnes de Trélon –Petite Suisse du nord- Villégiature, Cure d’air, Chasse, Pêche –Rendez vous de chasse – Pension de famille – Dîner touristes – Dîners pour Sociétés, Banquets – Spécialité : Poissons de l’étang, prix modérés. Chauffage central, eau courante, téléphone 44 avec service de nuit, électricité, plage, bains, tennis, canotage, garage. » Tous les ingrédients touristiques sont là : santé, confort, gastronomie, distractions et sécurité !

Aux beaux jours, le site comptabilisait jusqu’à 1000 visiteurs !

Les cartes postales reflètent la réussite et cet engouement tant par le grand nombre d’éditions que par le contenu épistolaire : 1930 «  coin superbe : forêt, lac, bain ; très bonne cuisine (45frs par jours) ; avons le train jusqu’à Trélon puis le taxi jusqu’ici… ». 1936 « venue déjeuner ici par un temps superbe…nous avons pris le thé sur la terrasse… »

Destruction en 1940

Cette activité s’arrêta avec la guerre et l’hôtel fût détruit en 1940 lors des attaques des 16 et 17 Mai comme en témoigne le Colonel Monfagnon dans son journal.

La maison du garde, face à l’hôtel également été détruite par les allemands par un bombardement provenant du bois des Auvesnelles.

Il reste à cet endroit le socle du monument du Comte Frédéric de Mérode qui portait la devise de la famille «  plus d’honneur que d’honneurs ». Le buste avait été réalisé en 1930 ; depuis il a été remplacé au château.

Extrait du journal du Colonel Monfagnon, lieutenant en mai 1940et commandant la 7ème  compagnie du 2ème bataillon du 28ème Tirailleurs Tunisiens (R.T.T.) :

«  *Journée su 16 mai

Entre 15h30 et 18h30, les deux bataillons sont soumis à des bombardements soutenus

Vert 18h45, l’attaque allemande se déclenche au Sud de l’étang de la Folie, avec un effort particulièrement violent sur les 6ème et 3ème compagnies ainsi que sur la gauche de la 1ère. Elle sera cependant stoppée partout.

Au nord de l’étang de la Folie, l’action ennemie a été fragmentaire face au 5ème (lieutenant Girode) et 7ème (lt Monfagnon) (…) Deux tentatives de nuit pour aborder la position au nord de l’étang de la Folie, 2h puis 4h du matin échouent, nos points d’appui ont tenu sans grande difficulté.

*Journée su 17 mai

Le jour à peine levé, les allemands reprennent l’offensive et des bombardements d’artillerie et de stukas sont à nouveau déclenchés avec violence sur le secteur 28ème R.T.T.*. Ils sont le prélude d’une action offensive de la 7ème Panzers menée de part et d’autre (au nord et au sud) de l’étang de la Folie. A 6h30, après un bombardement mixte, l’attaque redoutée se déclenche (….) A12h, devant le 28ème R.T.T., la situation est la suivante :

- au nord de l’étang, la 5ème et la 7ème Cies tiennent sur leur Ligne principale de résistance (L.P.R.) et subissent des tirs d’artillerie ;

-au sud de l’étang, la 6ème s’accroche à la ligne des soutiens ; vers 14h, la plupart des installations de la L.P.R. sont en levées. De l’observatoire de la 7ème, située au nord de l’étang de la Folie, la progression de l’ennemi a été parfaitement suivie. Des tirs de mitrailleuse et de mortiers ont été appliqués par-dessus l’étang, sur les lisières Est du bois des Auvesnelles.

L’ennemi a répondu par un violent bombardement du P.A. du lac. »

Après guerre, promeneurs et baigneurs sont revenus mais de façon beaucoup moins importante ; en 1955, les habitués n’étaient plus de beaux dimanches.

Un site écologique unique

Une flore très riche

Le milieu naturel est d’une richesse remarquable et pourrait constituer une véritable réserve tant sur le plan botanique que faunistique.

Les botanistes ont répertorié plus de 300 espèces végétales sur le site.

Pour l’œil amateur on relève des plantes aquatiques comme les nénuphars ou les potamots ; des plantes semi aquatiques comme les iris, le jonc des tonneliers, les roseaux, la menthe ou le myosotis palustre et des carex dont certains sont très rares ; et enfin une végétation arbustive composée surtout de saules cendrés et d’aulnes glutineux, arbres friands d’humidité.

Le jonc des tonneliers, appelé parfois jonc des chaisiers était utilisé pour la réalisation de lien, de panier, ou de nattes tissées voire de paillages. L’exploitation et le commerce des joncs constituaient une activité intense au 19ème siècle et au début du 20ème.

Les carex regroupent 800 espèces dans le monde et une bonne centaine en France : typiques des marécages des prairies humides, ils affectionnent les bords de l’étang. Les fleures sont constituées d’épis au sommet des tiges. Les touffes anciennes forment par endroit de véritables buttes. Des botanistes qui ont analysé de près cette flore relèvent de véritables colonies sur les rives, appelées laîches.

Autrefois les carex étaient séchés et utilisés comme litière.

Un écosystème complexe

L’étang se situe sur un axe Ouest-Est, Virelles et à un niveau moindre le Vivier ; il se trouve donc sur une trajectoire de migrations ou peut-être un refuge  pour des oiseaux dérangés ailleurs. Certains hivers la Folie est un excellent site d’hivernage ; mais lorsque l’hiver est très froid, l’étang, peu profond, est très vite gelé ce qui oblige les oiseaux à se poser alors au Val Joly au à l’Eau d’heure.

La proximité de milieux ou écosystèmes différents à savoir étang, roselière, bois et prairie contribue au développement de la vie animale. Si la présence d’eau permet à de nombreuses espèce de vivre, elle joue aussi un rôle sur un environnement élargi pour les passereaux et les rapaces ; l’étang attire des insectes notamment de très nombreuse libellules dont le faucon hobereau est friand ; l’autour des palombes va se nourrir des foulques ou des sarcelles…

De nombreuses espèces de mammifères cohabitent : à côté du chevreuil, du sanglier ou du renard que le promeneur attentif peut croiser, on recense la martre, le putois, le lièvre, plusieurs espèces de chauve souris, l’écureuil, le rat musqué… mais aussi deux espèces plus rares : le muscardin et le chat forestier. L’observation de ce félidé à la Folie a été rapportée dans un ouvrage du G.O.N (groupement ornithologique et naturaliste du Nord). « Il était alors aux alentours de 20 heures ce 19 mai 1994 lorsque tout à coup un bruit venu d’un arbre proche attira mon attention. J’eus alors l’étonnement de découvrir un chat sauvage à environ 6 ou 7 mètres de distance, donc dans d’excellentes conditions. Sa fourrure très épaisse, sa taille, sa queue annelée et large à l’extrémité ne laissèrent aucun doute quant à son identification… »

Une avifaune riche, unique dans le département

A partir des données du groupement ornithologique et naturaliste du Nord Pas de Calais, nous avons relevé la présence des espèces observées sur deux décennies depuis la mise en réserve du site.

La liste des oiseaux est présentée selon la séquence de KH Voous, qui est un classement international et en fonctions des dates d’observation : la lettre indique le mois et le chiffre qui peut suivre précise s’il s’agit de la 1ère ou de la 2ème observation.

D’évidence l’étang de la Folie est une halte migratoire importante et depuis plusieurs décennies les passionnés de nature, notamment les ornithologues s’attachent à l’intérêt de ce lieu.

Au total plus de cinquante espèces d’oiseaux d’eau y ont été observées. Anatidés, limicoles, et  échassiers trouvent là en effet un ite idéal soit pour se reproduire, soit pour hiverner ou soit pour une halte migratoire. La roselière offre gîte et couvert à un grand nombre d’oiseaux comme le bruant des roseaux ou la rousserolle effarvatte qui y nichent.

Plusieurs espèces relativement rares ont été repérées telle que le blongios nain, la rousserolle turdoide ou le grèbe à cou noir qui niche d’ordinaire dans des zones où vivent les mouettes rieuses. Ces espèces nicheuses sont intéressantes tout comme, parmi les nombreux rapaces, le milan noir observé dont l’unique couple reproducteur du Nord Pas de Calais s’est longtemps cantonné dans cette zone.

Au travers des données actuelles et répétées, on constate que des espèces migratrice set/ou hivernantes, rares en Sambre-Avesnois, ont déjà séjourné sur le site telles que le grèbe esclavon, la bernache nonnette, la macreuse brune, le grand butor ou encore la nette rousse

Enfin des concentrations spectaculaires ont pu être observées comme par exemple 600 fuligules milouins en hiver.

Cette zone humide en lisière sud du massif forestier de Trélon présente donc un intérêt écologique indéniable : elle est un habitat privilégié pour de nombreuse espèces animales et végétales ; classée de puis plusieurs années en Z.I.C.O. (zone d’importance pour la conservation des oiseaux), elle est actuellement en cours de classement pour une reconnaissance élargie d’importance régionale, nationale voir européenne en Z.P.SS (zone de protection spéciale).

La fédération des chasseurs du Nord a loué en 1985 cet étang pour en faire une réserve départementale en garantissant un air de pose pour les oiseaux migrateurs. Elle suit la fréquentation de l’étang par comptages réguliers.

Cette action, gérée par les chasseurs, assure certes la protection des espèces migratrices chassables mais en même temps, elle contribue à la protection des espèces rares ou protégées.

La Folie et les artistes

Plusieurs peintres amateur ou anonymes ont sans aucun doute croqué le site mais récemment, Mr Delabye, un artiste animalier a brossé quelques toiles évocatrices du site.

Une œuvre musicale de Maurice Journeau, composée en 1929, évoque également l’étang de la Folie. M.Journeau, musicien, originaire de Glageon, partageait son temps entre Glageon et Paris. Il s’agit d’une œuvre pour piano dédiée à Mme Woldemar de Berghes ; cette œuvre, intitulée « Sur l’étang », était jusqu’en 2004 inédite ; elle a été enregistrée par le concertiste Jean Milcault, longtemps professeur au Conservatoire de Tourcoing.

La Floie a aussi inspiré le poète Jules Mousseron ; une strophe complète y est consacrée dans « Beau pays de Trélon » et immortalise le lieu champêtre de baignade et pique-nique…

« Tout près del Cité jolie

Garni’d’arbr’s et d’fleurs

S’trouve el biau lac del Folie

Où vont les baigneurs,

 Trélonnais et Trélonnaises

Vont nager à l’bonn’ saison

Pour, ensuit’, tout à leur aise

Souper su l’vert gazon. »

La Folie, aujourd’hui

Un site naturel protégé, fermé au public, dont la beauté et la richesse écologique perdurent.

Une réserve ornithologique.

Un lieu chargé à sa façon de l’histoire des hommes, industrieux ou rêveur, épicuriens ou dilettantes mais aussi guerriers…

Le promeneur, s’arrête aux grilles qui gardent ce lieu enchanteur dont il pressent le charme naturel ; il aimerait entrer.

Il pourra maintenant imaginer un peu de cette vie joyeuse et éphémère qui l’a animé pendant un demi-siècle et sera convaincu de l’impérieuse nécessitée de conservé donc de protéger la richesse bien vivante et unique de l’avifaune et e la flore !

Des origines de la dénomination « la Folie »

Deux légendes circulent et sont rapportées dans la plaquette éditée en 1978 par Mrs Caudrelier, Nicaise et Bry.

A l’époque des croisades, le seigneur de Trélon pris la croix ; pendant sont absence, la Dame de Trélon aurait fait creuser l’étang et construit un barrage sur le ruisseau.

Au retour du seigneur, deux versions coexistent : la première dit qu’il  se serait écrié « quelle folie ! » en découvrant le plan d’eau. La deuxième énonce que le seigneur, ignorant cet étang s’y noya dans l’obscurité ; sa femme, se sentant responsable, en perdit la raison d’où le nom de folie.

En France, de nombreux sites portent le nom de folie ; parfois il s’agit d’un lieu de rencontre galant, ce que les dictionnaires nomment « lieu de plaisirs », parfois de lieux boisés, sans doute en lien avec l’origine du mot dérivé du latin folio : feuille : « des parcs du XVIIème et XVIIIème siècle, qui furent les « folies » des intendants et des favorites.

Ce mot s’utilise aussi pour certaines maison de plaisance auxquelles on ajoute le nom de celui qui les a fait construire, ou le nom du lieu où elles se trouvent ; elles sont souvent construites d’une façon bizarre ou ont coûté beaucoup d’argent (la folie-Beaujon,  la folie-Méricourt…).